Delegation Poker, modèles managériaux et leadership

Le 20 ème siècle nous a fait traverser 4 modèles managériaux conventionnels : le management autocratique, le management paternaliste, le management delégatif et le management démocratique. A chacun de ces modèles est associé un style de leadership, une posture de délégation. Ces postures ont été mise en scène par Jurgen Appelo dans son jeu « Delegation Poker » où s’exerce 7+1 postures de leadership.

Contexte, modèles managériaux et leadership

Une posture généralement est associée à un style de management. Cependant, ce sont des comportements que chaque leader peut emprunter en fonction du contexte, de la culture d’entreprise associée et du degré d’autonomie autorisé (ou accepté) aux équipes. Le tableau ci-dessous reprend les évolutions des modèles managériaux.

Le leadership dans ce tableau est vu au travers du rôle du manager.

Management stratégique,  Modèles manageriaux, évolutions des modèles managériaux, vers le management X.0
Vers un management X.0 est une proposition de synthèse des différents modèles managériaux du milieu du XXe siècle à nos jours

Les différents styles managériaux

  1. Le Taylorisme, le fordisme – Management 1.0
    1. Frederic Winslow Taylor, dès 1911 va rechercher une manière d’accoître encore les performances. Il est le père fondateur du Taylorisme, et dans notre tableau ce que nous appelons le management 1.0. L’organisation scientifique du travail repose sur une organisation horizontale où chaque employé réalise les tâches élémentaires, et supprime tout geste inutile. IL divise également le travail entre les employés (exécutants) et une direction chargée d’organiser le travail et la productivité.
    2. Henry Ford donne vie aux principes de Taylor d’éliminer tout geste inutile en apportant les pièces nécessaires à l’employé à l’aide d’une chaîne de montage. Les employés n’ont ainsi plus à se déplacer.
  1. Le Lean Management – Management 2.0

L’éveil de l’industrie aux années florissantes de l’après-guerre caractérisent le 20éme siècle, un point de rupture s’amorce au début des années 1970. Piloter la complexité, la performance devient un défi. Les hommes et les femmes, au sein même de l’organisation, s’ingénuent pour mobiliser et transférer les responsabilités ouvrant ainsi le passage d’un management autocratique (Taylorisme) au management matricielle (Lean Management). 

Le Lean Management,  fait son apparition dans les usines Toyota. La recherche de la rentabilité repose sur l’élimination du gaspillage. Les quantités commandées et produites sont calculées en fonction de la demande, et tout est réalisé pour s’épargner le maximum de frais inutiles, dont une automatisation progressive des machines. Les qualifications individuelles sont valorisées et l’employé trouve fierté à appartenir à un groupe. 

La gestion de projet est née sous l’impulsion du Lean, associant la  responsabilité au rôle que l’on occupe dans la délivrance du projet amorçant ainsi un changement de posture.

  1. Le Management Agile – Management 3.0

Le croisement des organigrammes et d’une organisation matricielle alourdit les processus industriels. Le monde du service, et notamment le service numérique très attaché à la livraison en temps réel, bouscule cet héritage.Le juste-à-temps ne tolère plus un tel entrelacs de responsabilité. Il faut simplifier.A l’aube du 21ème siècle est publié Le Manifeste Agile, un simple manifeste proposé par 17 développeurs….

Ce Manifeste Agile a révolutionné en 20 ans la manière de travailler en énonçant simplement 4 valeurs et 12 principes pour remettre les interactions humaines au cœur de la production de valeurs d’une entreprise.

Delegation Poker : jouer avec les modèles managériaux

C’est bien en fonction du contexte dans le Management 3.0 que  les membres de l’équipe  prendront en charge les délégations de leur management, en fonction de ce qu’ils pensent être capable de gérer.

Le management 3.0 propose d’utiliser le Delegation Poker comme outil de dialogue entre les managers et les membres de l’équipe pour déterminer ensemble ce qui sera délégué à l’équipe. Delegation Poker permet ainsi de déterminer les bases de l’autonomie et de permettre à l’équipe de décider ce qu’elle veut bien prendre en charge.

En game coaching, en executive coaching, ce jeu permet d’adresser le « gap » entre ce que les leaders pensent de leur système de délégation et la compréhension de la délégation par les équipes. La simple utilisation des cartes sur un sujet précis est une opportunité d’alignement entre les membres de l’équipe et les managers. Cela peut être compléter par la mise en œuvre du « delegation board » ou d’un arbre des valeurs. Les équipes et les managers progressent ainsi ensemble vers une confiance mutuelle.

Delegation Poker- Jurgen Apello. Modèles managériaux et leadership – un jeu d’alignement entre équipes et managers

Planning poker, carte de delégation et modèles managériaux

Les traits de caractères principaux des leaders sont mis en avant, laissant place à mon interprétation personnelle pour l’attribution des cartes de délégation.  Le jeu visant l’objectif d’une délégation nécessaire alors que certains styles de management prennent peu en compte la délégation.

1- Le style autoritaire ( Carte 5- Conseiller) – Management autocratique hérité des débuts de l’industrialisation. Le manager décide seul et impose le modèle de réalisation.

La carte 5- Conseiller lui est attribué car le côté autoritaire peut être masqué par une forme de liberté factice.  La définition du style serait alors :

Le leader décide seul des objectifs à atteindre et fait en sorte que sa vision des choses soit partagées par ses équipes. En revanche, chacun est libre des moyens à mettre en œuvre pour parvenir au résultat attendu. Mais bien souvent, le comment est aussi suggéré en mode conseil.

2- Le style négociateur ( Carte 2-Vendre)

La carte 2 du jeu Delagation Poker- vendre s’applique ici sans hésiter.

Pour atteindre l’objectif initial, le leader négociera avec ses équipes le but à atteindre. Il peut être nécessaire de fournir des compensations afin d’obtenir ce que l’on veut comme le paiement des heures supplémentaires.

3- Le style directif associé au Management paternaliste  (Carte 1- Dire)

Les décisions sont prises d’une main ferme. C’est le Boss. Cette attitude est parfois nécessaire, notamment en cas de situation de crise ou d’urgence à gérer.  Cette posture est généralement attribuée au style de management 2.0, management dit paternaliste. Cette posture nécessite une présence continue auprès des équipes qui ne prendront pas de décision sans validation du Patron.

La carte 1- Dire est ici un mode de communication directe et efficace, n’appelant pas la discussion.

4- Le style consultatif ( Carte 3- Consulter)

Le leader prend les décisions et a le dernier mot mais il va sur le terrain, le Gemba en Lean management, pour collecter les différentes idées. Il procédera ensuite à un arbitrage pour mettre en œuvre les meilleures idées.

La carte 3- Consulter s’applique ici.

5 Le style délégatif, le management délégatif (Carte 6- S’informer)

Les équipes compétentes, dans lesquelles le leader place sa confiance, réalisent et décident si le leader doit intervenir et quand. Les tâches sont bien définies, les processus robustes. Le manager est un activateur en montrant le potentiel qui s’offre à nous quand les tâches sont correctement réalisées.

La carte 6- S’informer prend en compte la posture du leader, confiant, tenu informé de l’avancement.

6- Le style participatif – C’est le style attribué au Management Démocratique ou 3.0 (Carte 4-Accord)

Les décisions sont prises collégialement entre le manager et les équipes. Chacun prend le temps de s’approprier la situation ; des échanges entre le leader et les membres des équipes permettent d’arriver à un consensus.

La carte 4- Accord est basé sur l’agrément de chacun, et la décision est prise en fonction de ce que chacun peut et veut prendre en charge.

7- Le style rassembleur (Carte 7- Déléguer)

Le leader crée des liens avec les membres de son équipe. L’objectif est de créer une certaine harmonie au sein du groupe, gage d’une efficacité accrue.

La carte 7- Déléguer s’applique ici avec l’idée que non seulement chacun prend en charge mais monte en compétence, créant une harmonie et un plaisir réel à faire.

8- Le style coach (pas de carte)

Le 8ème style, n’a pas de carte associé dans le « Delegation Poker », un oubli probable de Jurgen Appelo qui lui même dans son approche du Management 3.0 s’approprie le rôle de Coach. Ce style encourageant un management vivant organique permet l’expression libre de chaque individu, dans la croissance spontanée des idées.

Dans ce style de gestion des équipes, le développement personnel de chaque membre est mis en avant. L’objectif est le développement des compétences de chacun, qu’elles soient techniques ou humaines, afin que les membres de l’équipe s’épanouissent dans leur travail et dans leurs relations avec les autres. C’est une bonne façon d’aller de l’avant ensemble et de motiver ses troupes, et par conséquent d’obtenir de meilleurs résultats.

Pour découvrir le déroulement d’une séance de « Delegation poker », je vous invite à vous rendre directement sur la plateforme du Management 3.0 ou de le découvrir dans My Agile’s customer journey

Le coach Agile est la somme de ces 8 postures

Je vous invite à découvrir cet excellent article de mon ami Judicaël Paquet qui présente les 8 qualités d’un coach Agile. A vous de décider si ce sont des qualités ou des postures.

https://blog.myagilepartner.fr/index.php/2017/01/20/coach-agile/

Auteure : Dominique popiolek-Ollé, Transmutation leader, Agile Executive Coach, Fondatrice de In Imago, conseil en management et transformation disruptive.