Marcher autrement, avancer ensemble. Le collectif ne se retourne pas. Il avance. Pas à pas. Moins d’enthousiasme individuelle peut-être. Mais plus d’accordage, plus d’écoute. L’autonomie s’apprend dans le rythme, pas dans l’élan.
Il n’y a plus de grands chambardements.
Ce matin-là, Claire ne sent pas de rupture.
Plutôt un ajustement discret. Un pas après l’autre.
L’équipe semble… posée.
Pas en tension. Pas dans l’euphorie non plus.
Juste là.
Chacun trouve peu à peu son tempo.
Il y a moins de “Je prends ça”, plus de “Qui a envie de… ?”
Moins de plans, plus de curiosité.
Les rôles circulent. Les décisions se construisent sans cris, sans validation centrale.
Claire observe. Elle n’intervient presque pas.
Elle n’encourage pas.
Elle ne commente pas.
Elle tient l’espace.
Ce n’est plus l’accompagnement du doute.
C’est l’accompagnement du rythme.
Marcher autrement en équipe, c’est parfois moins visible…
C’est parfois moins visible, les décisions se prennent. Fluide. Le avancer autrement ne se voit pas, il se ressent.
On parle d’une proposition, on bifurque sur une autre.
On oublie de “trancher”, mais on se comprend.
Et puis la décision est là.
Pas spectaculaire.
Mais partagée.
C’est un moment déroutant pour certains.
Ils cherchaient un déclic.
Ils découvrent un glissement.
Accompagner le doute en collectif, ce n’est pas amener la clarté d’un coup.
C’est soutenir un mouvement, même flou, quand il tient debout de lui-même.
Et Claire ?
Elle aussi change.
Moins dans l’intention, plus dans la présence.
Elle remarque ce qu’elle ne dit plus :
- “Vous devriez peut-être…”
- “Il faudrait clarifier…”
- “Je vous propose de…”
Elle accueille ce silence neuf.
Pas comme un retrait.
Mais comme une confiance accordée.
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Ce récit fait partie de La traversée du doute, série hebdomadaire publiée sur In Imago.
Il prolonge les réflexions du livre Le Gardien des Voix, à paraître prochainement, qui explore l’art de soutenir des dynamiques collectives sans diriger ni disparaître.